28.09.2009
Haiku
Quoi faire ? Il me dit.
Quoi faire ? Je lui réponds.
On était bien avancés.
Tu penses pas que si je...
Non je crois pas.
Ça progressait!
Je me dis quand même...
Crois moi, tu as tort.
Ma conviction l'emportait.
Bon ben je vais rentrer.
J'allais te le dire Alphonse.
Il vacillait, penaud.
Le combat fut sanglant
L'échange vif et brutal
Comme d'hab je l'emportais.
Cette maigre série de Haikai est extrait d'un recueil que j'eu la joie morne de composer en 1973 et qui remporta le premier prix de poésie de l'académie de belotte du foyer des jeunes travaileurs de Saint Amand Montrond (Cher). Introuvable à présent, le titre en était : Haikai de comptoir. La nostalgie ramolit le bulbe ? Oui je sais, mais j'eu comme Rimbaud, des années de feu de forge. Merde alors!
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27.09.2009
Luc a dit!
Luc a dit : Mon pays de cocagne, mon Acadie, là d'où mon objectif préfixe les instant de grâce nostalgiques, les petits moments sans fin qui tels des perles de verre font le tintement légers des matins et des nuits profondes à la gorge des femmes, mon pays de cocagne est un meuble bas, posé entre deux fenêtres aux persiennes fermées à l'espagnolette. Trois tiroirs aux poignées de métal dépoli en scellent les secrets. tout en bas est celui des souvenirs, des clichés aux bords chiquetés, des glaçages craquelés, aux teintes passées comme des cris d'enfants vieillis. Là sont ceux que nous aimions, les jolies filles qui sont nos mères, nos tantes, des cousines, des soeurs, la fine fleur refermée entre les pages des lettres d'amour et les cartes postales où nous nous rêvions dans l'habit de pays lointains. Le second est celui où nos émotions titubent sous le choc de ce qui nous traverse là, en lisant, en écrivant, en ne faisant rien que d'attendre le moment propice où il sera toujours temps de n'en faire pas plus, l'instant où la lumière elle aussi est propice, par le trait qu'elle trace et souligne le bord de la paupière aimée. Dans ce tiroir-ci rien qui tienne en place si ce n'est l'ombre glissant tout au tiroir du dessous. Le troisième, tout en haut, celui qui enfantait, nous semblait impossible à atteindre sans réveiller la sainte colère des grands, monstres jaloux de nos éternités fugaces, le troisième ne renferme rien qui ne soit nous demain. Et demain n'est pas si loin, plus on avance, de moins en moins loin. Nous l'aurons notre habit de pays lointain.
La vie en somme, c'est commode, tant que l'on ne reste pas le cul posé dessus. Luc à son blog, eh oui ! Comment dit-on déjà ? Le blog de Luc ? Lui dit le blog à Luc
11:11 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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25.09.2009
maintenance
A Vis A Vis ! Il est bien temps de changer des pièces, de voir ce qui cloche dans le campanile, de faite le tour du stock pour voir ce qui reste à offrir. Peut-être même qu'il n'y a plus rien dans la réserve d'histoires à la con ! Plus très en forme voyez vous, un peu tordu pas les saisons, les racontars, les revirements, les histoires, les saletés qu'on vous met dans le crâne et qu'après on vous jure qu'on vous les a pas dit . Ça use croyez m'en ! c'est que le chagrin est un poison, une vraie pourriture distillée avec le sourire....
Alors voilà ça ferme, le bouclard. Je baisse le rideau avant d'en claquer des histoires, des sales histoires que les autres aiment tant lire, sans rien en vivre. Des Bovary, comme si il en pleuvait !
07:35 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
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21.09.2009
Les valises
- Nous partirons demain !
- Et où allez vous ? Lui répondit-elle. Sa robe faisait l'hélicoptère, sa chevelure sablait le soleil. Elle perchait sue le plus joli train d'atterrissage qui se puisse exister. Pour peu qu'on s'y connaisse un peu.
- Nous n'emporterons qu'une valise, celle où il y a la fraîche, le jonc, l'artiche !
- Vous savez ce que j'aime pardessus tout chez vous ?
- Nous prendrons le premier train, dans le premier port, je vous laisserais le fauteuil au dessus de l'aile. Nous verrons des îles, des collines, des percées de nuages, il y aura des marais arrides, des forêts touffues de jamais, des étoiles nous regarderons par le hublot. Vous porterez ces vernies vert pomme, qui viennent dit-on tout droit du paradis. Un peigne d'andaluz fermera votre chignon. Là-haut parait-il que l'air roule, c'est ce qui fait aux anges des coiffures de midinettes.
- Dites moi, vous pensez que si je viens...
- Nous oublierons au pied du tableau noir, le lourd trousseau de clés qui n'ouvre que sur les cauchemars. Je porterais mes chaussures pointues, mon feutre pointu, avec à son ruban, un couple de vieux rigolos se bécotant dans les photomatons. J'aime quand je marche avec vous porter mes chaussures pointues, elles flairent le bitume avant que vous y posiez le pied. j'aime les vieux rigolos qui se...
- Voulez-vous que je vous fasse des sandwiches, vous allez avoir faim ? le grand air ça creuse. Mais cessez de dire nous ! Ça me fait l'effet de parler à un rouleau de Prince de Galle, ça me rappelle ma mère et si vous continuez, vous savez que je vais me mettre à pleurer.
- Oh pardonnez moi Miette ! Je suis tout débrodé. Qu'aimez vous donc en moi, et par dessus tout ?
- Ce que j'aime chez vous, c'est quand ma robe vole et que vous dites qu'elle fait l'hélicoptère, que ma chevelure semble sabler le soleil et surtout, surtout, que j'ai le plus joli train d'atterrissage qui se puisse voir. Elle se presse alors, la robe défend les mille vertus de sa chère maitresse et il l'enlace. Entendez vous l'étrave dans le ciel, l'écume de la voie lactée se poser sous leur pieds ?
- Partons nous Miette?
- Je ne sais, je réfléchis. Que vais-je mettre dans les sandwiches. Aimez vous les baiser ? Il m'en reste.
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20.09.2009
Burneries
Ce qui suit est tout entier (tout entier ça fait chic, plat de résistance un peu) destiné à ceux qui écrivent et qui par conséquent lisent, aux commentateurs et commentatrices de ce blog pas toujours délcat, à celle qui voulait savoir pourquoi j'écrivais. Et à Pascale-Miette-Faustine G.
Ce soir, comprenne qui pourra et qu'on en déduise ce que l'ont veut bien, ce soir mes vieilles couilles sont tristes. Un état d'esprit qui au travers des éfluves et des poils, aux deux tiers blanchis, remonte en silence. Elles roulent ces soeurs de lait, pesamment, l'une ignorant ce que l'autre pense puisque chacune comme chez tout un chacun boude dans son gousset. L'une un peu soupirant tandis que l'autre grogne en traitant l'autre de mauvaise coucheuse. Coucher ? Baiser ? Tirer ? Fort piquer ? Foutre de la miche tout au fond du fournil , Buter dans la motte par un soir d'automne ? ... Vous me croirez si vous voulez mais à l'évocation de ces saines activités, les voila qui renaudent et ressassent de plus belle. La peau tout à l'heure semblable à un sourire papal, la peau se tend et les joyeuses s'activent avant le lâcher de ballons, le concours de bulles, le saut à l'élastex ! Mais point, faut qu'elles se calment. alors je fais la cuisine et dresse pour le veuf, le borgne qui ventricule à vide, et bientôt si ça ne cesse pas, s'en culera lui même et à sec, un peu comme Molinier.
Et voila il est l'heure, la table est mise, la pine est molle et en m'asseyant devant ce qui pourrait sembler bon, je m'en vais prendre garde à ne pas m'en coincer une entre la poire et le fromage. Ce soir mes burnes sont tristes, allez savoir pourquoi. Et qu'y puis-je, je ne suis que leur porte-faix.
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Chant de foire
Il nous a fallu distinguer parmi des multitudes d'objets orgiaques lesquels nous convoitions, desquels nous ne saurions plus nous passer pour vivre pleinement ce qui était sans profondeurs, cette vie de joies vaines. Enfant nous nous soumettions par le subterfuge du mensonge à l'appât que l'on tendait, presque à portée de nos rages mornes : A-tu été bien sage ? Enfant nous regardions autour de nous la sur-brillance des procédés de l'envie. Qu'ils étaient grossiers. Qu'elles étaient grossières les ficelles qui retenaient la "queue de mickey". Qu'elle était déjà débile cette rage de vouloir être aimé pour ce pire qui gouvernait tout. Tu l'as eu mon chéri ! Nous l'avions eu, cette étoupe de laine, ce chasse mouche sans esprit, nous l'avions eu et c'était nous qui venions de nous faire avoir. Mais la joie criarde de la fête foraine, la fête qui plus sûrement que toute autre invention humaine, vous fait les poches, démonte au petit matin et s'enfuit alors que tout le monde dort et rêve qu'il la eu, que c'est lui qui l'a eu et pas l'autre, cet autre qui ne méritait pas. La joie criarde nous vidait le coeur et nous forçait à aboyer après tout ce qui n'était pas notre bonheur falsifié. La morale veillait pourtant, à chaque fois que nous laissions tomber un objet adoré, la morale se chargeait de vérifier que nos mains étaient propres, nos ongles taillés et qu'après nous allions bien faire notre prière. Que ceux qui se targuent d'avoir échappé au rites (Dieu merci!) ne rient pas trop fort, le catéchisme qu'on leur a enseigné n'est pas moins risible. A contempler souvent les effets de leur nihilisme égoïste, je me demande pourquoi Dieu créa le reflet, puisqu'ils n'en tirent pas même un tant soi peu d'amour.
Et puis comme rien ne s'arrête à l'enfance, au dressage et à la récompense due aux hypocrites, ils nous a fallu désigner ceux par qui nous allions afficher notre réussite, ceux que nous honorerions, en tant que morts, on pourrait leur faire faire n'importe quoi, à genoux devant eux mais l'esprit vif et prompt à moquer ce par quoi ils nous gouverneraient sous le masque divin des idoles. Et là une liste déjà s'allonge, une liste industrieuse, toute soufflant le soufre, les acides, les odeurs de sainteté, les abstractions philosophiques, le méat suppurant d'un dieu laid. Laid comme un Dimanche aux abords des parkings. Nous nous privâmes, pour un peu de paix usurpée, de la joie des bêtes. Et nous nous mîmes à empiler des croix sur des croissants, des croissants sur des étoiles de David, des S redoublés sur des faucilles et des marteaux, des doctrines malingres sur des diktats risiblement assassins; Et les uns disaient : Dieu est avec nous ! Les autres répondaient : Dieu ? Mais il n'existe pas. Ce à quoi avec un peu d'humour, ceux qui pendant ce temps étaient partis à la pêche à la ligne, répondaient : C'est pour cette raison qu'il est avec eux et en vous. Tiens, j'ai une touche ! Et la liste toujours s'allonge, de la terre à la Lune et de la Lune au néant, avec billet de retour assuré pour le Dimanche d'après la sainte apocalypse. Nous avons fait ainsi, oubliant que dans l'enfance nous jouissions en secret d'échapper parfois à l'épreuve du bain et de puer comme l'original que le débris d'objet fait rêver à l'ailleurs, nous avons échangé le besoin de nous appartenir contre les murs muets du contentement de soi. Et ainsi sains et saufs, au bout de la table dressée par la solitude, nous jouissons en souffrant de vivre sans aimer, sans l'être, même secrètement.
Ce matin, dans les rues de la ville, en bas près du centre, j'ai vu des enfants vendre leurs jouets et s'agiter fébrilement autour de quelques pièces qu'ils comptaient et recomptaient. C'est attendrissant un enfant qui a déjà compris que même les rêves ça peut se monnayer.
12:06 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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19.09.2009
Les mues
On a beau, on a beau, on a beau jeu de faire des tours de pistes en ours bien lèché, de se dandiner là, dès qu'un soleil s'allume et de saisir entre ses grosses pattes la fine friandise sous les vivats de l'égo en folie. On s'amourache de n'importe quel collier pourvu qu'il nous gâte, nous complimente et l'on refait alors, un autre tour de piste au son de la grosse caisse. La coulisse est en émoi, au balcon les filles s'émoustillent de ce que quand même, on est pas si mal fait, qu'on a du potentiel et qu'il ferait beau voir qu'on en fasse pas, malgré l'heure tardive, un petit dernier. Aller, un petit dernier ! A la poursuite, Dieu soi-même s'étonne d'avoir fait aussi ça et glisse sous l'optique une de ses gélatines, à la teinte paradis.
Cet animal là n'est pas n'importe qui, pourtant à bien l'observer parfois on se demande, c'est Sapiens Sapiens, le singe qui s'est assis sur la bombe à neutron et qui pèle le monde comme un fruit dégorgé du sel de la vie. Par ici je vous prie ! Sapiens adore qu'on lui rende visite, et à bien regarder, approchez vous un peu, Sapiens n'est pas un ours. Pourtant, Dieu qu'il dandine ! Non je vous en prie ne lui jeter rien qu'il puisse transformer en déchet hyperactif. Il est féru de sciences, il veut tout savoir, tout entreprendre, tout maîtriser. Il se damne pour une découverte, un petit quelque chose dont il usera pour se mettre en cellule, en carte, en fiche, en E machin, de part en part, papillon dans sa boite, d'où l'on ne puisse plus le déloger. Sapiens n'aime rien tant que la peur d'avoir peur de ne pas avoir la bonne réponse à la question de l'animateur socio-culturel. Il appelle ça le stress, Sapiens aime à donner des noms barbares à des choses dont il est sûr qu'elles ont la finesse que requiert sa pensée d'hominidé miné dénominé. Le stress chez Sapiens ressemble à l'envie de pisser refoulée qui stimule l'ardeur des enfants à bien levé le doigt pour bien répondre à la question du maître, et ainsi faire faire des bonds à l'aiguille de l'horloge. Et ainsi pas se pisser dessus. Se pisser dessus c'est la honte, nous sommes tous bien d'accord.
Mais je vous en prie ! Mais y a pas de quoi madame ! Ouiche ouiche ! Par ici le pourliche ! N'oubliez pas le petit ! Le XXIe siècle n'aimera pas plus les enfants que le XXe n'a aimé la paix.
On a beau se raboter les crocs, se limer les dents, certains se les brossent, certains ours, certains singent sans savoir que les crocs sont pas fait pour les chiens, bien qu'on aime les chiens, comme nous aimons les chiens, on a beau jeu de faire comme si se dandiner nous faisait sembler à quelque chose, c'est aux crocs qu'on s'en retourne quand la peur survient, la peur simple et joyeuse de pas finir, un canon scié sur la tempe, dans la peau percutée de Sapiens.
Par ici mesdames messieurs, la sortie est là, juste après le chenil ! Et n'oubliez pas le guide!
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18.09.2009
Les aimés (ées)
Qu'ont-ils de plus ? Qu'ont-ils en moins ? Qu'ont-ils en trop et qui pourtant leur manque ? Une marque, une tache, quelque chose dans l'oeil ? un défaut dans l'élocution ? Telle à son bras promène ce port de reine que sans lui elle n'a pas. Tel se redresse enfin, lui de qui l'on disait, quelle voûte ma chère, on dirait un caveau ! Telle autre se trouve en grâce dans un maigre jupon, pourvu que ce soit lui qui lui ouvre la portière de l'antique CX, d'où il la fait luire, comme d'un écrin un peu déjanté. Celui-ci, tenez ! Dont vous vous moqueriez si il pointait à votre porte pour vous vendre je ne sais quel livre saint et dont l'allure, au bras de cette Miette, fait un effet ardent au long de l'avenue. Et cette autre ! Oh non ! celle là que votre carnet d'adresse a laissé choir parce qu'elle n'était pas ... Comment dites vous ? Qu'un peu hautaine , Ne manquez vous pas, vous même, de quelques hauteurs pour juger ? Mais non évidement, je vous raille ! allons soyez plaisants puisque vous et moi sommes accoudés au même comptoir où l'on nous compte pour rien. Pas même pour le pourboire.
Qu'avons nous de plus ? qu'avons nous de moins ? Qu'avons nous en trop et qui pourtant nous manque ? Un blason, une marque, une tache ? Quelque chose dans l'oeil et qui nous tombe comme une poutre sur le coeur ? Un défaut dans l'élocution, quelque chose qui électrocute ? Vous ! Pour l'exemple, vous qui allez plastronnant par les rues de ce soir, qu'est-ce donc qui vous manque ? La douleur d'être Noirte ? Celle-ci à votre bras ? Une bagnole qui parachève vos élans d'outre-tombe ? Il ne vous manque rien mais ce rien vous chiffonne le brouillon de vie. Vous rêviez et voila, en place de ça vous ne vouliez pas voir que vous l'étiez, aimés (ées).
(à Pascale)
22:53 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
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Les états
Je ne suis pas parce que je pense, je ne vis pas parce que je dis. Et si il n'était que d'être, cela aussi pourrait se passer de moi.
Passer l'état céleste des étoiles filantes, l'ordre séculier des chutes et des rechutes, l'état des myriades mirant la poussière léguée par le soleil. S'abreuver au liquide de la parole, croiser le verbe au zénith, décrucifier l'onde de ce qui ne se dit plus et que pourtant nous tentons d'écouter en l'attendant. Faire, plutôt que inlassablement être l'infinitif que personne ne sait conjuguer, ni à l'imparfait du subjugué ni au présent de l'impulsif. Passer l'état aérien des colères atmosphériques, l'hypertrophie des ouragans nés d'un horizon disséqué, l'état du quel nul ne se hisse plus qu'à la force du déracinement, l'état disant la déssication, la langue sèche, la sève durcie comme une résine. Passer l'état tentaculaire de l'étai, la sublime béquille qui fait que claudiquant, nous donnons l'impression de marcher clair, l'état d'aller à quatre pattes en nous servant des murs pour nous tenir droit dans l'abrupt.
L'homme n'est pas l'Homme quand il n'est que l'état, sa force n'est pas son droit, son droit n'est pas la vie. Et la vie n'est rien d'autre qu'une nécessité. La plus ardente des nécessité et la plus vile des monnaies d'échange.
(pour Faustine)
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17.09.2009
L'age des artères
On a l'âge de ses artères, de ses allées et venues, de ses avenues, de ses rues, de ses passages, de ses impasses. De tout ce qui n'était pas le lieu mais qui y menait. On à l'âge de sa mémoire et puis l'on se dit, quand se souvenir demande à ce que la traduction se fasse avec lenteur, que l'on a l'âge de vider les tiroirs de la mémoire. Delete ! On sort alors, en se disant que c'est l'heure de rentrer, on s'en retourne en imaginant qu'en notre absence tout a changé. Comme si tout ce qui faisait notre richesse de débris ne s'était pas dissipé, comme si le fait de s'éloigner rendait enviable les accrocs du passé. Delete ! La mémoire est vièrge, tout est à inventer des inventaires et nous trions, à ma gauche le vide urgent, à ma droite le vide qui peut attendre, devant, le vide à venir, derrière, le vide impossible, au dessus le vide résigné, et sous les pieds le vide attendu, celui qui invite les naissants à se débarasser des cellules, des numéros d'écrou. Ce vide redoutable et aimé, comme tout que l'on redoute d'aimer.
Sous mon front froissé se déploie un désert, une étendue semée de petites pierres que je n'ai pas jetées comme les points sous la crosse de mes interrogations, j'avance et nu, au sortir d'une forêt de forceps. Delete!
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